2ème engagement

Rendre le logement accessible, juste et durable

Se loger à Paris est devenu un parcours d’obstacles. En 15 ans, prix et loyers ont explosé, poussant classes moyennes, familles et jeunes hors de la capitale. Cette crise n’est pas une fatalité : elle résulte de choix politiques coûteux et inefficaces. Il est temps de changer de cap. C’est pourquoi, je propose aux Parisiens un nouveau pacte de confiance pour le logement.

La Municipalité sortante a échoué sur le logement. En quinze ans, les prix de l’immobilier ont quasiment doublé, rendant de plus en plus difficile l’accession à la propriété à Paris. Les loyers sont quant à eux deux fois plus chers à Paris qu’à Berlin, une fois et demie plus chers qu’à Madrid ou Rome et se rapprochent dangereusement des prix londoniens. Une famille avec deux enfants doit ainsi débourser plus de 2 600 € de loyer par mois en moyenne pour se loger à Paris, soit quasiment deux SMIC nets. C’est insupportable !

Cette dégradation du marché du logement à Paris explique en grande partie pourquoi la capitale se vide de ses classes moyennes et de ses familles. Depuis 2014, Paris a ainsi perdu 130 000 habitants. C’est une saignée. Ce dépeuplement est une dévitalisation. Alors je tire la sonnette d’alarme : Paris se vide de forces vives ! Insidieusement, notre capitale tend à se séparer en deux, entre d’un côté des cadres aisés qui ont les moyens de se loger malgré cette inflation des prix et de l’autre des habitants qui dépendent du logement social et se concentrent dans les quartiers plus modestes.

Loin d’aider, l’action de la Municipalité en matière de logement a aggravé le problème. Elle a laissé s’installer un nombre inacceptable de logements inoccupés, près de 270 000 aujourd’hui, qui représentent quasiment 20 % du parc total de logements à Paris : c’est comme si les 12e, 13e, 14e et 15e arrondissements étaient laissés inoccupés. L’exercice tous azimuts du droit de préemption par la Ville a accéléré l’inflation des prix – avec un coût moyen de 500 000 € par logement préempté et un budget de 250 millions d’euros par an pour financer ces préemptions – et l’endettement de la Ville, qui a doublé depuis 2014. L’explosion de la taxe foncière, qui a augmenté de 62 % depuis 2014 a accru les difficultés à accéder à la propriété.

La Ville a également pris un retard important en matière de rénovation énergétique des logements : au rythme actuel de 4 000 rénovations par an, le parc social ne sera entièrement rénové que d’ici 35 ans et le nombre de passoires thermiques dans le parc privé s’élève à 326 000. Enfin, il y a plus de demandeurs en attente d’un logement social (292 000) que le total de logements sociaux occupés à Paris (269 000) et la rotation dans le parc social est telle (5 % par an) qu’il faudrait 20 ans pour le renouveler intégralement.

La Municipalité sortante a donc conduit une politique du logement coûteuse, inflationniste et inefficace socialement. Nous devons rompre avec cette politique de l’échec et changer profondément d’approche.

Pour cela, je propose aux Parisiens un pacte de confiance sur le logement, autour de quatre piliers :

  • Faciliter la location dans le privé
  • Remettre en ordre le logement social
  • Accélérer la rénovation des logements
  • Produire plus de logements pour les jeunes

Au total, avec ce pacte, nous pourrons reconquérir 60 000 logements qui deviendront autant de nouvelles résidences principales pour les Parisiens. Nous mettrons fin à la spéculation dans le parc privé et aux abus dans le logement social. Nous ferons reculer les passoires thermiques et nous accélérerons la transition écologique de la capitale.

Avec ce pacte, je veux passer d’une culture de la résignation à une culture de l’action pour que se loger redevienne abordable dans notre capitale. Et pour que ceux qui font vivre la capitale aient enfin le droit d’y vivre. Aux salariés, aux indépendants, aux familles, aux agents publics, aux jeunes, je veux dire avec ce pacte : Paris, c’est chez vous !

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Proposer un pacte de confiance aux propriétaires, garanti à 100 %, pour remettre 20 000 logements vacants sur le marché de la location

Pour ce faire, je lèverai les freins qui empêchent aujourd’hui la mise sur le marché d’une partie des logements aujourd’hui vacants : crainte d’impayés de loyers, absence de cautions, risque de dégradations. Nous pourrons ainsi recréer un pacte de confiance avec les propriétaires en leur offrant un cadre sécurisant pour la location. Louer sera simple et rapide !

Ce cadre reposera sur un fonds de garanties contre les impayés de loyers, les dégradations et de cautions solidaires apportées par la Municipalité pour la location de biens vacants à des travailleurs, jeunes actifs ou étudiants. La Municipalité pourra également accompagner la gestion locative, qui pourra être externalisée auprès de partenaires, pour accélérer la mise en location. Sur la base du volontariat, les propriétaires pourront adhérer à ce pack 100 % garanties pour un tarif de 200 euros par an en moyenne. Mise en œuvre dès l’été 2026, ce sera la mesure la plus rapide et la plus économique pour agir sur l’offre de logements disponibles pour que les salariés, les jeunes, les indépendants, les agents publics puissent vivre et se loger à Paris.

L’objectif de 20 000 logements remis en location sur le mandat sera atteint grâce à des garanties fortes, des démarches simplifiées et une campagne de communication offensive pour aller chercher les propriétaires un par un et leur redonner confiance pour louer. Les agents aujourd’hui mobilisés sur les préemptions massives par la Mairie sortante seront redéployés sur ces actions d’accompagnement.

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Limiter la location touristique à 30 jours par an pour remettre au moins 10 000 appartements sur le marché locatif parisien

Avec Lisbonne, Paris est la ville d’Europe où la densité en logements Airbnb est la plus forte. Pour 1 000 habitants, Paris compte près de cinq fois plus d’offres Airbnb qu’à Londres, Amsterdam, Rome ou Barcelone. Avec désormais près de 100 000 logements ou chambres en location sur Airbnb, c’est près de 10 % du parc qui échappe à la location pour les Parisiens. A Paris-Centre, c’est même un appartement sur sept qui se trouve aujourd’hui en location Airbnb !

Si je ne souhaite pas priver les Parisiens de la possibilité de louer leur appartement durant leurs vacances et pour de courtes durées, je ne souhaite pas davantage que Paris devienne un musée à ciel ouvert, entièrement tourné vers les touristes et d’où seraient exclus les Parisiens faute de logement disponible. C’est pourquoi je propose qu’à Paris, la location Airbnb soit limitée à 30 jours dans l’année, contre 90 jours actuellement. Nous reviendrons ainsi à l’esprit initial d’Airbnb, qui est de mettre en location temporaire sa résidence principale et non de favoriser la multi-location voire la spéculation. Cela nécessitera une évolution législative pour élargir les pouvoirs des maires en la matière. Je renforcerai par des outils d’intelligence artificielle et de webscrapping l’efficacité des contrôles pour faire respecter la réglementation. Les multi-loueurs seront par ailleurs incités à remettre leur bien sur le marché toute l’année, via le bail étudiant (voir mesure n° 10) et le pack 100 % garanties.

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Fusionner les trois principaux bailleurs sociaux parisiens pour réduire les coûts de gestion et financer plus de rénovations et un meilleur entretien au bénéfice des locataires.

Plus de 500 000 Parisiens résident en logement social et sont en droit d’attendre de leur bailleur un service irréprochable. Collectivement, ils versent chaque année près de 2 milliards d’euros de loyers et charges aux bailleurs sociaux. Pourtant, ces locataires déplorent chaque jour des ascenseurs en panne, des logements mal entretenus et des passoires thermiques. La vacance élevée, la rotation faible et les retards dans la rénovation énergétique ont même été dénoncés par le gendarme du logement (ANCOLS) dans un rapport concernant Elogie-Siemp en 2024.

C’est pourquoi je fusionnerai les trois principaux bailleurs parisiens pour réaliser à terme 6 % d’économies structurelles en supprimant les doublons et en mutualisant les moyens de ces bailleurs (RH, informatique, directions techniques, marchés de travaux). Je redéployerai ainsi 540 millions d’euros sur la mandature pour améliorer les services aux locataires : rénovations, ascenseurs, lutte contre les passoires thermiques. De nombreuses collectivités ont déjà réussi ce type de regroupements depuis la loi ELAN de 2018 : CDC Habitat, opérateur national présent dans toute la France, a fusionné treize organismes pour gérer plus de 200 000 logements ; en Île-de-France, Seqens est né de la fusion de six bailleurs ; à Reims, Plurial Novilia est aussi né de la fusion de plusieurs bailleurs.

Je propose également que soit installée une gouvernance paritaire de ces bailleurs, avec 50 % de représentants des locataires au conseil d’administration, ainsi qu’une transparence annuelle avec compte-rendu public sur le taux de vacance des logements, les délais d’intervention ou l’usage des budgets. Je créerai également une plateforme dédiée permettant aux locataires de signaler anonymement les malfaçons ou problèmes d’entretien dans les résidences. Nous remettrons ainsi les bailleurs sociaux au service des locataires.

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Donner la priorité aux Parisiens dans les attributions de logements sociaux à Paris

Outre la transparence qui est due aux Parisiens dans l’attribution des logements sociaux pour en finir avec l’opacité et le clientélisme que j’ai proposée à travers un audit annuel, une déclaration sur l’honneur en cas de lien d’un locataire avec une personnalité politiquement exposée et des contrôles ciblés de l’Inspection générale de la Ville de Paris, je fixerai un critère prioritaire d’attribution aux Parisiens qui bossent. A travers cette priorité, je souhaite d’abord que les agents de la Mairie de Paris puissent habiter à Paris, alors que deux-tiers d’entre eux résident aujourd’hui en dehors. Je souhaite également que les professeurs, les soignants, les policiers municipaux et tant d’autres professions essentielles aux services publics et au fonctionnement de l’économie à Paris puissent vivre dans la ville qu’ils servent.

Je souhaite par ailleurs stabiliser à 25 % la part de logements sociaux à Paris, ce qui me paraît être le choix le plus responsable qui refuse la surenchère d’une partie de la gauche qui voudrait toujours plus de logements sociaux alors qu’un point supplémentaire coûterait 5 milliards d’euros et qui refuse le déni d’une partie de la droite qui promeut dans ses arrondissements une politique « zéro logement social » qui contribue à la ségrégation résidentielle à Paris.

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Accélérer la rotation du parc social grâce à une prime de déménagement, pour mieux cibler les ménages les plus modestes

Aujourd’hui, le taux de rotation du parc social reste très faible, autour de 5 % par an, soit environ 14 000 logements libérés chaque année. Il faudrait ainsi 20 ans pour renouveler l’intégralité du parc. C’est pourquoi j’instaurerai des baux limités dans le temps, ce qui nécessitera une évolution législative, ainsi qu’une révision et un contrôle annuel notamment des surloyers qui seront rendus automatiques en cas de dépassement de seuils de revenus. Je souhaite maintenir la mixité sociale dans le logement mais je ne souhaite pas que le logement social bénéficie à des personnes qui n’en ont pas besoin.

Pour favoriser la rotation interne, je créerai une prime de déménagement : lorsqu’un locataire du parc social acceptera un logement mieux adapté à sa situation (par exemple un logement plus petit après le départ des enfants ou un logement accessible pour les personnes âgées), il bénéficiera d’une baisse de loyer pendant 5 ans. Cette incitation permettra de libérer des surfaces mal adaptées et de remettre sur le marché des logements familiaux qui manquent cruellement.

Avec ces réformes, je veux doubler d’ici 2030 du taux de rotation annuel, ce qui permettra d’ici la fin de la prochaine mandature jusqu’à 80 000 attributions supplémentaires de logements sociaux et permettra de fluidifier les mobilités résidentielles. Cette rotation devra en particulier bénéficier aux familles, avec une priorité aux familles monoparentales et aux travailleurs.

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Financer un plan Marshall pour rénover l’intégralité du parc social d’ici 10 ans

Au début de la prochaine mandature, près de 50 % du parc social restera à rénover. Je propose de tripler le rythme actuel de rénovation des logements sociaux pour passer à 12 000 rénovations par an afin de rénover l’intégralité du parc social d’ici 10 ans. Cet effort d’investissement se fera au bénéfice du confort énergétique des locataires, de la baisse de leur facture d’énergie mais aussi de la réussite de la transition écologique à Paris alors que le secteur résidentiel représente près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre dans la capitale.

La priorité sera donnée à la rénovation des logements de la ceinture du périphérique, particulièrement délaissée par la Municipalité sortante alors qu’elle a concentré les logements sociaux aux portes de Paris avec jusqu’à 95 % de logements sociaux dans certains quartiers du Nord-Est parisien.

Ce plan pluriannuel représentera un budget supplémentaire de 900 millions d’euros sur la mandature, qui sera financé par une politique volontariste de revente du parc social parisien aux locataires qui souhaitent accéder à la propriété : à raison de 1 000 ventes par an supplémentaires, 1,5 milliard d’euros de recettes pourront être allouées sur la mandature au plan de rénovation massive mais aussi à la production de logements intermédiaires et à la transformation de bureaux en logements.

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Financer 90 000 rénovations énergétiques de logements privés sur la mandature, en élargissant les aides existantes et en instaurant un crédit d’impôt de taxe foncière pour la rénovation et la remise en location des passoires thermiques

Aujourd’hui, 326 000 logements privés parisiens sont considérés comme des passoires thermiques. Or le dispositif « Eco-rénovons + » de la Municipalité sortante ne permet d’en rénover que 1 % par an et ne couvre que les copropriétés et non le logement diffus. Je souhaite quadrupler le rythme des rénovations de logements privés en passant à 12 000 rénovations par an accompagnées, en donnant la priorité aux logements F et G en logement diffus et aux copropriétés modestes. Pour cela, je mobiliserai un financement de 30 millions d’euros supplémentaires issu de l’arrêt des préemptions de logements, hors immeubles insalubres, qui ont tant contribué à la spirale inflationniste des dix dernières années.

Pour être encore plus incitatif, j’adosserai au dispositif existant un crédit d’impôt de 50 % de taxe foncière financé par la Ville pour tout logement F ou G rénové et loué. Ce crédit d’impôt sera versé en une fois sous la forme d’une subvention. A raison de 3 000 rénovations supplémentaires par an, cette mesure représentera un coût de 6 millions d’euros également financé par l’arrêt des préemptions.

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Expérimenter un plan d’autonomie énergétique des copropriétés privées

Pour accélérer la transition écologique et favoriser l’autonomie énergétique collective, une ville comme Dijon a déployé des installations photovoltaïques sur plusieurs toitures de bâtiments publics et copropriétés privées. Ce projet concerne notamment plus de 600 logements privés et y a permis de réduire de 75 % les émissions de dioxyde de carbone. Des projets analogues ont été conduits à Berlin, Bruxelles et d’autres villes européennes.

Avec plus de 2 000 hectares de toits de logements privés, Paris dispose d’un gisement encore inexploité pour des projets d’autonomie énergétique urbaine et notamment d’installation de panneaux photovoltaïques collectifs en copropriétés. Un fonds de 15 millions d’euros sera dédié à l’expérimentation d’un plan d’autonomie énergétique des copropriétés privées pour viser l’installation de milliers de panneaux photovoltaïques sur les toits parisiens. Paris sera ainsi à l’avant-garde de la transition écologique.

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Créer 3 nouveaux quartiers étudiants, avec 7 000 logements supplémentaires d’ici 2030

Paris accueille aujourd’hui plus de 340 000 étudiants mais offre moins de 15 % de logements dédiés. Or le marché privé reste hors de portée pour une majorité de jeunes décohabitants. Pour répondre à la flambée des loyers étudiants et compenser le déficit de logements accessibles, je créerai trois nouveaux pôles dédiés aux étudiants dans des secteurs en transformation, connectés aux transports et où du foncier public ou sous-utilisé existe : porte de la Villette, porte de la Chapelle / gare des Mines et à Chapelle-Charbon / CAP 18. J’agirai en ce sens avec la SNCF et la RATP – détenteurs d’une part du foncier –, ainsi qu’avec le CROUS et l’Etat.

D’ici 2030, ces trois secteurs permettront d’accueillir 7 000 nouveaux logements étudiants et familiaux, mixtes (publics, privés, co-living) et créer de véritables quartiers de vie avec bibliothèques, services universitaires, tiers-lieux, équipements sportifs, restauration abordable et mobilités douces. Je développerai une approche métropolitaine pour relier ces pôles au réseau des campus franciliens (Condorcet, Villetaneuse, Aubervilliers, Saint-Denis, La Plaine). Ce projet représentera un investissement de 10 M€ par an.

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Instaurer un bail étudiant parisien pour libérer des logements à l’année

Les studios vacants ou non remis sur le marché représentent un réservoir considérable pour le logement étudiant. Paris peut retrouver une politique étudiante ambitieuse fondée sur une logique simple : créer de l’offre nouvelle là où c’est possible, mobiliser les logements existants là où c’est urgent. En complément des trois nouveaux quartiers étudiants, j’instaurerai donc un bail étudiant parisien à l’année inspiré d’expérimentations réussies comme à Nice afin de libérer immédiatement 1 000 logements étudiants par an dans le parc privé.

Ce bail étudiant parisien reposera sur un principe gagnant-gagnant et une logique adaptée au rythme universitaire. Le propriétaire pourra louer son logement 9 ou 10 mois avec un loyer encadré, stable et compatible avec les ressources des étudiants. Il pourra bénéficier du pack 100 % garanties que lui proposera la Mairie. L’été, le propriétaire pourra récupérer son bien pour un usage personnel ou une location saisonnière de 30 jours maximum. Grâce à ce bail étudiant parisien, nous pourrons réduire l’incertitude des propriétaires et la précarité des étudiants en remettant des milliers de logements supplémentaires sur le marché de la location.