Engagement 02

Un Paris propre

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Paris est sale, c’est une honte pour la capitale. Dire que la Mairie dépense près de 1 milliard d’euros pour une ville aussi sale… les Parisiens n’en ont pas pour leur argent !

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Pour un service public de la propreté efficace à Paris, je privatiserai la collecte des déchets et le nettoiement des rues.

La collecte des déchets apparaît plus coûteuse en régie qu’en délégation de service public (DSP). Depuis 1977, Paris a adopté un système mixte pour la collecte, gérée en régie municipale dans dix arrondissements (2e, 5e, 6e, 8e, 9e, 12e, 14e, 16e, 17e, 20e) et par des partenaires privés (Derichebourg, Polysotis, Pizzorno, Sepur, Urbapropreté) dans les dix autres arrondissements. Or les rapports de la Chambre régionale des comptes d’Ile-de-France(2011, 2017, 2022) ont montré que les coûts de collecte étaient supérieurs de 16 % en régie qu’en DSP (144 € par tonne en régie, contre 124 € en DSP).

La privatisation dégagera ainsi 742 millions d’euros d’économies sur la mandature, que je réinvestirai pour un meilleur service. Ces économies nous donneront les moyens de financer un véritable plan d’équipement pour rattraper le retard accumulé avec l’ouverture de nouvelles déchèteries à l’échelle du Grand Paris, des investissements renforcés dans la mécanisation et un soutien accru à l’innovation.

Je suis le seul candidat dans cette campagne à proposer une telle révolution pour l’efficacité du service public de la propreté. Ma concurrente à droite ne propose de privatiser que la collecte des déchets, alors qu’elle est déjà privatisée dans la moitié des arrondissements. Mon concurrent à gauche propose de favoriser le civisme, ce qui est sans doute nécessaire mais très insuffisant.

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Je fixerai des objectifs clairs et mesurables pour rendre propres les rues de Paris dès les 100 premiers jours de mon mandat.

La privatisation fera passer la collecte et le nettoiement d’une obligation de moyens en obligation de résultats. Le secteur privé n’est pas « meilleur » par nature mais il est contractuellement obligé de respecter des fréquences de passage, atteindre des niveaux de propreté définis, intervenir sous délai (exemple dépôts sauvages), subir des pénalités financières en cas de manquement. La privatisation sera donc assortie d’obligations de résultats contrôlées annuellement et d’indicateurs de performance transparents. Des pénalités seront prévues contractuellement en cas de manquement.

Conformément à l’article L.441-1 et aux articles suivants du code général de la fonction publique qui prévoit une clause de transfert du personnel avec maintien des garanties notamment salariales, les agents de la Ville pourront être repris par les partenaires privés, sur la base du volontariat. Cet élément fera partie des conditions valorisées dans le choix du délégataire privé et du cahier des charges de la délégation de service public. Nous garderons en revanche en régie les agents chargés du service des encombrants et du nettoyage des voies spécifiques et souterraines.

La collecte et le nettoiement en DSP rendra ainsi le service mesurable et donc améliorable. Aujourd’hui, dans les secteurs gérés en régie, l’évaluation de la performance reste limitée, faute de comptabilité analytique fiable et d’outils de suivi pleinement opérationnels, comme l’a d’ailleurs souligné la Chambre régionale des comptes. Avec une DSP, les indicateurs seront contractualisés, les performances suivies mensuellement, les coûts connus à l’avance, et il deviendra possible de comparer la performance des différents prestataires et d’engager des actions correctives.

Enfin, confier la collecte et la propreté à un même opérateur dans chaque arrondissement créera des synergies immédiates : un même passage permettra, par exemple, de collecter les ordures ménagères et de vider les corbeilles de rue, améliorant réactivité et cohérence du service.

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Je déploierai les outils d’intelligence artificielle les plus récents pour optimiser la collecte des déchets et le nettoiement des rues.

La délégation de service public prévoira l’usage de ces outils. Une ville comme Metz utilise par exemple l’IA pour détecter et géolocaliser les déchets dans la ville, ce qui remplace le relevé manuel chronophage.

Bruxelles, Bâle ou Hambourg équipent leurs bennes à ordures de mini-caméras intelligentes qui analysent en temps réel la quantité de déchets présents afin d’optimiser les trajets de collecte.

Amiens, Nantes ou Bordeaux installent des robots dotés d’IA pour identifier et trier automatiquement emballages et papiers recyclables.

Nous mettrons ces nouvelles technologies au service de la propreté des rues de Paris.

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Je remplacerai l’ensemble des camions de collecte par des véhicules électriques pour réduire le bruit et la pollution.

Ces remplacements auront lieu tout au long de la mandature. Pour amortir leur surcoût de 30 à 50 %, nous augmenterons le nombre de rotations par camion : là où un véhicule effectue aujourd’hui une tournée (deux au mieux), il en réalisera davantage, améliorant la productivité et réduisant le coût unitaire.

Ces camions seront équipés d’un dispositif relié aux capteurs de remplissage des bennes et à une cellule centrale qui actualisera en temps réel leur parcours de collecte. En outre, les horaires de collecte seront plus respectueux des rythmes de vie des Parisiens. En particulier, ils se tiendront en journée et en dehors des heures de déplacement domicile-travail.

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J'associerai les communes limitrophes volontaires pour mutualiser ce service public, permettant des économies d’échelle et une meilleure qualité de service aux portes de Paris.

A cette fin, j’ouvrirai une concertation au lendemain de l’élection du Maire de Paris afin de préparer de premiers appels d’offres pour la fin d’année 2026. La dynamique ainsi enclenchée pourra susciter le volontariat de nouvelles communes tout au long de la mandature.

Je refuserai enfin toute augmentation de la taxe sur l’enlèvement des ordures ménagères et financerai l’ensemble des investissements nouveaux par les économies dégagées par la privatisation.

Les Parisiens constatent depuis des années une détérioration nette de la propreté de leur ville. Selon un sondage Ifop de décembre 2023, 84 % des Parisiens jugent leur ville « sale ». En 2022, la Chambre régionale des comptes qualifiait le système parisien de coûteux et insuffisamment piloté.

Le service de la propreté relève principalement de la Direction de la Propreté et de l’Eau (DPE), via le Service technique de la propreté de Paris (STPP). Il emploie 6 789 agents, dont 2 340 en charge de la collecte et du nettoiement et 2 660 uniquement chargés des activités de nettoiement. Ils sont répartis dans 140 ateliers à travers la capitale. D’autres directions interviennent : DEVE (espaces verts et environnement), DVD (voirie et déplacements) et DPMP (police municipale et prévention, verbalisation des incivilités). Ce modèle « en silos » crée des doublons, des lenteurs et nuit à la réactivité locale.

À cela s’ajoute un sous-équipement structurel : la capitale ne compte que 10 déchèteries pour 2,09 millions d’habitants, soit à peine 0,48 pour 100 000 habitants, quand la Métropole de Lyon en offre 1,3 pour 100 000 habitants et la Métropole d’Aix-Marseille-Provence plus de 3 pour 100 000 habitants.

Pourtant, la Mairie de Paris consacre déjà près d’un milliard d’euros par an à la propreté, en comptabilisant les salaires, le fonctionnement des services, les investissements et le recours à des prestataires externes.

Or l’enjeu n’est pas de dépenser plus mais de dépenser mieux. L’organisation de la Ville dysfonctionne : la propreté dépend de quatre directions différentes au sein de la Mairie, ce qui entraîne lenteur, désorganisation et inefficacité. Les Mairies d’arrondissement participent timidement au pilotage de proximité (indique les priorités, réponses aux signalements et financement d’actions ciblées). Mais la collecte et le nettoiement (stratégie, commandes, pilotage) restent assurés par la DPE et donc par l’Hôtel de Ville. La coopération reste quasi-inexistante entre Paris et ses communes voisines du Grand Paris alors que les enjeux de propreté dépassent les frontières de la commune.

En outre, la mécanisation de la collecte et du nettoiement a pris du retard, comparé à des métropoles comme Lille, Lyon ou Strasbourg ou à l’international comme Singapour. Engagée seulement depuis 2017, elle n’a pas permis de réduire significativement l’absentéisme (9 % en 2007 contre 9,14 % en 2024, mais ce taux reste supérieur à des villes comme Lyon ou Lille et deux fois supérieur au taux d’absentéisme dans le secteur privé) et le temps de travail des agents de propreté reste souvent inférieur aux 35 heures hebdomadaires. Le niveau de syndicalisation de ces agents et leur capacité de mobilisation par des mouvements de grève de la collecte des déchets, avec 10 grèves à Paris depuis 2014, soit quasiment une par an, obère la possibilité d’améliorations substantielles dans le cadre de l’organisation actuelle.

Contrairement à ce que prétend la Municipalité sortante, ce n’est pas parce que les Parisiens seraient sales : nous produisons moins de déchets par habitant qu’à Berlin ou Copenhague. Paris est sale parce que la Mairie a mal géré le service public de la propreté.

Et contrairement à ce que prétend la Maire du 7e, il ne suffira pas de transférer la gestion de l’Hôtel de Ville aux arrondissements, qui n’ont ni les moyens ni les ressources humaines pour gérer la propreté.

Il n'y a pas de fatalité à ce que Paris soit une ville sale. Mais il faut un changement complet de modèle.

Je suis pragmatique et m’inspire pour Paris de ce qui marche dans les autres grandes métropoles européennes. Je constate qu’à Stockholm, Londres ou Amsterdam, la ville est propre et la propreté est gérée par des entreprises privées. Et je constate qu’à Paris, dans les arrondissements où la collecte des déchets est déjà confiée au privé, elle est 16 % moins chère.

Je propose donc des mesures chocs pour que Paris redevienne propre.

Pour plus d’efficacité, je privatiserai la gestion du service public de la propreté à Paris – de la collecte au nettoiement de l’espace public – avec un objectif clair : rendre Paris propre, partout, tout le temps. Paris sera tous les jours aussi propre que pendant les Jeux olympiques et Paralympiques de 2024.

Je mobiliserai les nouvelles technologies pour optimiser la collecte des déchets et le nettoiement des rues. J’y associerai les communes de la première couronne du Grand Paris pour mutualiser les coûts et améliorer l’efficacité.

Avec moi, les Parisiens auront des rues propres sans aucune augmentation d’impôt. Je lancerai ce chantier dès mon élection et les Parisiens verront le changement dans leur rue dès les 100 premiers jours de mon action.

Au total, ce plan propreté pour Paris permettra de mieux gérer la collecte des déchets et le nettoiement de l’espace public de la capitale, de faire des économies de gestion et de réinvestir dans les équipements de propreté et les nouvelles technologies au service des Parisiens.

Paris n’a pas un problème de moyens, elle a un problème de méthode. Avec ce plan propreté, c'est la fin des excuses et le début des résultats pour les Parisiens.