Un Paris sûr
À Paris, l’insécurité progresse et le sentiment d’abandon s’installe. Incivilités, violences, trafics et dégradations du quotidien empoisonnent la vie des Parisiens, et en particulier celle des Parisiennes. Face à cette réalité, la municipalité sortante a échoué : faute de vision, de moyens et de courage politique, elle a laissé se dégrader la tranquillité publique.Je fais un constat lucide de cet échec et j’assume une rupture nette : rétablir l’ordre républicain dans l’espace public, protéger concrètement les habitants et bâtir une politique de sécurité efficace, moderne et assumée pour Paris.
La Ville de Paris n’a rien fait pour améliorer la sécurité des Parisiens et notamment des Parisiennes.
Au-delà d’être une ville sale, chère et mal gérée, Paris est devenue une ville où il devient de plus en plus difficile de vivre en raison de la prolifération des incivilités, de la petite délinquance et de l’insécurité. Rien qu’en 2025, les atteintes volontaires à l'intégrité physique sont en hausse de 4 %, les violences sexuelles de 6 %, les dégradations volontaires de 12 %, les infractions liées aux stupéfiants de 8 % et les ventes à la sauvette flambent de 60 %.
Or dans ce contexte, la création d’une police municipale par la Municipalité sortante n’a jamais été une conviction profonde : longtemps opposée à cette idée, elle ne s’y est résolue qu’à l’approche de 2020, dans une logique électoraliste. Le résultat est une police municipale sans ambition en matière ni de moyens, ni de compétences, ni de doctrine. En réalité, la Municipalité sortante a eu la police municipale honteuse pour ne pas froisser ses alliés écologistes.
La police municipale actuelle résulte avant tout de la fusion administrative de deux anciens corps d’agents de la Ville de Paris (ISVP – inspecteurs de sécurité de la Ville de Paris – et ASVP – agents de surveillance de la voie publique), sans extension significative de leurs prérogatives, de renforcement de leurs outils ou de modernisation de leur équipement. La Municipalité sortante s’est contentée de changer la plaque sur des uniformes et a appelé cela « police municipale ». Or cet uniforme expose les agents qui le portent, qui deviennent des cibles alors même qu’ils ne sont pas armés, ce qui menace leur sécurité comme celle des Parisiens, au lieu de la protéger.
Aujourd’hui, la police municipale parisienne reste donc très insuffisante :
- En nombre (2 200 ETP), alors que la Municipalité sortante annonçait 5 000 agents pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 ; elle peine à atteindre un objectif même abaissé à 3 400 agents pour la fin de la mandature. Les promesses de recrutements n’ont jamais été tenues car la police municipale parisienne souffre de problèmes d’attractivité et de fidélisation. Beaucoup de policiers, formés à Paris aux frais de la collectivité, choisissent ensuite de partir exercer en petite ou grande couronne, où les conditions de travail, l’équipement, mais aussi l’accès au logement sont plus favorables.
- En équipement : pas de port d’armes alors que tout agent en uniforme constitue aujourd’hui une cible.
- Et en formation : entre 150 et 300 agents formés par an.
Cette faiblesse est accentuée par l’absence d’une véritable doctrine d’intervention. Les missions prioritaires de la police municipale parisienne ne sont ni clairement définies ni assumées. L’adjoint en charge de la sécurité a lui-même décrit une police municipale « non-interventionniste ». Or demander à une police de ne pas intervenir revient à exiger d’un pompier qu’il ne s’approche pas des flammes : c’est priver l’institution de son sens et de son efficacité.
Résultat : très peu d’impact pour la tranquillité des Parisiens, peu de patrouilles, peu de présence dans les rues et dans nos quartiers. Et surtout de trop faibles capacités d’action et d’intervention : les agents de la Mairie en sont réduits à verbaliser les infractions au stationnement mais à laisser passer le trafic de cigarettes, la vente de stupéfiants ou les vols de voitures.
Je créerai une véritable police municipale de proximité à Paris pour lutter contre les incivilités et apaiser l’espace public.
Maire de Paris, je créerai une véritable Police municipale de proximité à Paris :
- Elle comptera 6 000 agents, soit un triplement des effectifs au cours de la prochaine mandature (+100 millions d’euros par an, équipement compris), financé par les baisses d’effectifs dans les bureaux de la Mairie de Paris
- Ces agents seront opérationnels 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, avec un numéro dédié 7517. Ils assureront une présence physique permanente et visible dans les lieux-clés de la capitale.
- Ils seront armés (révolvers et gilets pare-balles) et formés au sein d’une académie de la police municipale parisienne.
- Ils agiront comme une police de proximité, en prévention et en première ligne pour faire reculer les incivilités et la petite délinquance. Ils auront aussi pour mission de protéger les piétons, en verbalisant les incivilités et les entraves au code de la route par les vélos et les voitures.
- J’attribuerai aux policiers municipaux parisiens, comme aux autres agents publics essentiels, une priorité dans l’accès aux logements sociaux afin de favoriser l’attractivité de ces métiers et améliorer leurs conditions de vie
- Je souhaite également qu'ils voient leurs compétences étendues pour constater des délits, facturer des amendes, consulter des images de vidéoprotection, faire passer des tests d'alcoolémie ou de stupéfiants ou utiliser des dispositifs de lecture automatisée de plaques d'immatriculation
- Je soutiens donc le projet de loi présenté en ce sens au Sénat par Laurent Nuñez et souhaite qu'il soit le plus rapidement voté et mis en œuvre.
- Enfin, je signerai une convention avec le ministère des Armées et de l’Intérieur afin de faciliter le recrutement d’anciens militaires ou de fonctionnaires de la Police nationale ou de la Gendarmerie nationale.
Mais j’irai encore plus loin pour assurer la sécurité partout dans Paris : avec la vidéoprotection, des agents de sécurité supplémentaires dans le métro, des interventions dans le parc social, une brigade canine d’intervention et des boutons d’alerte dans les écoles.
Je moderniserai la vidéoprotection pour mieux détecter les infractions ou les risques d’infraction. Le renouvellement en 2026 des marchés publics de vidéoprotection à Paris sera ainsi l’occasion de déployer de nouvelles technologies pour un investissement d’environ 3 millions d’euros. Elles permettront par exemple de repérer systématiquement les cas de stationnement interdit, de circulation à contre-sens, de dépôt sauvage d’ordures, mais aussi les bagages abandonnés, les incendies, les attroupements d’individus ou le port d’armes. De grandes métropoles comme Chicago, Londres, New York ou Barcelone utilisent déjà la vidéoprotection algorithmique pour détecter automatiquement des situations à risque et déclencher des interventions plus rapides.
Je renforcerai la sécurité dans les stations de métro et dans les rames, notamment en soirée et en particulier pour protéger les Parisiennes contre les risques de violences sexistes et sexuelles. Il y aura un policier municipal dans chaque métro en soirée. Je travaillerai avec la RATP pour positionner 5 000 agents de sécurité (soit 2 000 supplémentaires) dans les stations les plus sensibles et dans les rames en journée. Je généraliserai les arrêts à la demande dans les bus de nuit afin d'éviter, notamment aux femmes de marcher trop longtemps en pleine nuit pour rentrer chez soi.
Je tranquilliserai l’espace public en déployant un plan d’éclairage pour sécuriser immédiatement les lieux aujourd’hui anxiogènes, en identifiant les rues et places où l’éclairage nécessite d’être revu. Là où cela se justifie, je déploierai des systèmes d’éclairage intelligent, qui font varier l’intensité lumineuse selon des capteurs de présence. Je créerai ainsi un climat de sûreté pour les hommes comme femmes dans l'espace public, de jour comme de nuit.
J’ouvrirai l’accès de tous nos policiers au parc de logements sociaux de la Ville ainsi qu’aux caméras des parties communes et j’intégrerai dans la Police municipale les 215 agents de sécurité des bailleurs sociaux (GPIS – Groupement parisien inter-bailleurs de surveillance) pour créer une force unique, plus forte et plus réactive. Cela élargira leurs compétences et le vivier de la Police municipale, offrant de nouvelles perspectives d’évolution professionnelle à ces agents et une sécurité plus visible, étendue et continue à tous les Parisiens.
Je mettrai en place des boutons d’alerte dans les écoles et les collèges, directement reliés au commissariat dans le cadre des plans particuliers de mise en sûreté pour assurer la sécurité des élèves comme des personnels, comme à Nice ou Aix-en-Provence. Ils seront également proposés aux commerces et des lieux de culte. En cas d’activation, les Policiers municipaux et nationaux seront immédiatement informés du danger, ce qui accélérera leur intervention. Les plus de 4 000 caméras de vidéoprotection aux abords du lieu concerné seront mobilisées pour leur fournir des images en temps réel. J’installerai enfin au moins une caméra de vidéoprotection aux abords de chaque école et de chaque collège, ce qui n’est aujourd’hui pas le cas. Cela représentera un investissement de l’ordre de 3 millions d’euros sur la mandature, cofinancé par le Fonds interministériel de prévention de la délinquance mis en place par l’Etat.
Je créerai au sein de la Police municipale une Brigade Canine d’intervention (BCI) pour cibler les dealers et les voleurs à la tire : elle pourra intervenir très vite et poursuivre efficacement ces délinquants. Forte de 50 chiens et d’une soixantaine de policiers municipaux spécialement formés, son coût représenterait environ 5 millions d’euros par an et permettra de sécuriser durablement des zones à problèmes où prospèrent aujourd’hui activités délictueuses ou criminelles. Après une expérimentation réussie, la Ville de Nice a par exemple pérennisé depuis 2019 une brigade cynophile au sein de sa Police municipale.
Enfin, je n’opposerai plus la Mairie de Paris et l’État, qui devront travailler main dans la main pour la sécurité des Parisiens. Pour renforcer ce partenariat, je demanderai à la Préfecture de police une délégation de compétence afin que le Maire de Paris puisse fermer administrativement des établissements qui réalisent du blanchiment d’argent et qui gangrènent des pans entiers de l’économie de proximité comme à La Chapelle ou Marx Dormoy. Main dans la main avec les services de l’Etat, je mettrai fin à cette criminalité invisible, une criminalité économique et à ces mafias qui dégrade la vie de quartier et financent le narcotrafic. Par ailleurs, je créerai des brigades communes entre Police municipale et Police nationale pour les patrouilles et interventions au Champ-de-Mars et dans les Bois de Boulogne et de Vincennes.



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