Soutenir le commerce
Paris est à la croisée des chemins. Capitale mondiale, vitrine économique et culturelle de la France, elle devrait être un moteur, un aimant, un accélérateur d’opportunités. Elle est devenue, pour trop de ses habitants et de ses forces vives, un frein.
Ce déclassement n’est ni une fatalité ni le fruit du hasard. Il est le résultat de choix politiques, d’une vision administrative hypertrophiée et d’un rapport de méfiance à l’égard de l’initiative privée. Là où une grande capitale doit libérer l’énergie, Paris l’entrave. Là où elle devrait attirer, elle décourage. Là où elle devrait protéger, elle inquiète.
Il est temps de regarder la réalité en face et d’assumer un changement de cap.
Pour cela, je stabiliserai à 25 % la part de logements sociaux et j’y attribuerai une priorité à celles et ceux qui bossent : salariés, agents publics, indépendants.
Je doublerai le turn-over dans le parc social grâce à des baux à durée limitée et une prime de déménagement pour libérer des logements familiaux. Grâce à cela, nous pourrons attribuer 80 000 attributions logements sociaux supplémentaires durant la mandature.
Et parallèlement, je remettrai 60 000 logements privés aujourd’hui inoccupés sur le marché de la location en redonnant confiance aux propriétaires, en accélérant massivement la rénovation des passoires thermiques et en revenant à l’esprit initial d’AirBNB.
Permettre à celles et ceux qui travaillent à Paris d’y vivre, c’est donner à nos entreprises les talents dont elles ont besoin pour grandir et à notre capitale les moyens de rester attractive.
Depuis 2014, le nombre de locaux commerciaux vacants a augmenté de 18 % à Paris. Or, la Mairie de Paris possède un levier décisif pour préserver la vitalité de nos quartiers : ses locaux commerciaux. Ils doivent redevenir un outil de protection du commerce indépendant et non un simple actif immobilier géré aux conditions du marché.
Aujourd’hui, près de 15 % des pieds d’immeubles du parc social appartiennent à la régie immobilière de la ville ou à la foncière Paris Commerces. Pour la seule RIVP, cela représente 2 318 commerces en pied d’immeuble. Ces espaces devraient être une chance pour nos commerçants. Et pourtant trop souvent ils sont devenus inaccessibles.
Lorsque des loyers publics s’alignent sur les prix du marché, ils perdent leur vocation. Ce n’est ni acceptable, ni conforme à l’idée que je me fais du rôle de la Ville.
C’est pourquoi j’injecterai 35 millions d'euros dans la SEM Paris Commerces afin de racheter des baux commerciaux vacants et les louer à des commerçants. Cela permettra de diversifier et ranimer les quartiers de Paris. Les loyers de ces baux commerciaux seront adaptés et progressifs, par exemple à 25 % la première année pour laisser aux commerçants le temps de constituer leur clientèle. Leur destination visera à lutter contre le mono-commerce et à en finir avec les rues constituées par exemple uniquement de magasins de téléphonie dans certains quartiers du Nord-Est.
Nous aurons ainsi un plan pour ranimer le boulevard Saint-Michel, où les commerces ferment les uns après les autres, la rue d’Avron dans le 20e, où un quart des locaux commerciaux sont vacants, à Montparnasse et dans tant d’autres quartiers de Paris qui méritent mieux. C’est une catastrophe pour Paris de laisser des rideaux fermés dans des artères aussi emblématiques.
Pour le financer, je mettrai fin aux programmes de préemption d’appartements privés à prix d’or que la Municipalité sortante a mis en œuvre pour gonfler les statistiques du logement social à Paris. Cela aura coûté au contribuable parisien 2 milliards d’euros sur la mandature qui s’achève. Je réserverai la préemption aux immeubles insalubres et aux locaux commerciaux vacants J’y dédierai 35 millions sur la mandature.
Mon objectif est clair : garantir des loyers véritablement accessibles, inférieurs aux prix du marché, afin de soutenir nos entrepreneurs. Préserver la diversité commerciale n’est pas un slogan : c’est une condition pour éviter l’uniformisation de nos rues et maintenir la vie dans nos quartiers.
À Paris, la pression fiscale ne peut plus être une fatalité pour celles et ceux qui entreprennent.
C’est pourquoi je refuserai la hausse programmée en 2027 de la cotisation foncière des entreprises. Le transfert annoncé à la Métropole du Grand Paris devrait conduire à un alignement des taux par le haut, avec une augmentation estimée à près de 10 points pour les entreprises parisiennes, alors même qu’elles supportent déjà des impôts de production presque deux fois supérieurs à ceux de leurs concurrentes européennes.
Ce n’est ni raisonnable, ni soutenable. Maire de Paris, je m’opposerai à ce transfert de fiscalité tant qu’il ne s’accompagnera pas d’un blocage clair et durable des taux. La stabilité fiscale n’est pas un totem politique : c’est la condition de l’investissement, de l’embauche et de la confiance.
Maire de Paris, je prendrai également la décision d’exonérer les petits autoentrepreneurs domiciliés chez eux de cette CFE, afin que lancer son activité ne soit jamais pénalisé par une fiscalité inadaptée et punitive.
Je le dis très clairement : tant que je serai Maire de Paris, il n’y aura aucune augmentation d’impôts locaux pour les commerçants et les entrepreneurs.
On ne peut pas défendre le commerce sans garantir son accessibilité. Car un commerce auquel on ne peut plus accéder est un commerce que l’on finit par contourner.
Aujourd’hui, deux-tiers des opérations de livraisons ou d'enlèvement de marchandises sont effectuées hors aire de livraisons ! Cela provoque des livraisons en double file, des bus bloqués, des piétons et des cyclistes parfois mis en danger. Pour en finir avec cette pagaille, je doublerai le nombre de places de livraison, pour les porter à 18 000, et les rendrai réellement disponibles grâce à la vidéoverbalisation. Elles seront créées notamment grâce à des places à usage mixte pour les livraisons le jour et résidents la nuit et en rendant enfin disponibles les aires existantes par la vidéoverbalisation. Nous mettrons ainsi fin au stationnement en double file qui désorganise la circulation et fragilise votre activité comme la sécurité des piétons et des cyclistes.
Je rendrai le stationnement gratuit pour les commerçants, les artisans et les indépendants qui travaillent à Paris afin que leurs déplacements professionnels ne deviennent plus un obstacle quotidien. Je le financerai par la vente d’actifs de la Ville.
Je remettrai également à plat les plans de circulation lorsque leur impact sur le commerce est manifeste. Trop souvent, certains aménagements ont été pensés sans intégrer les réalités logistiques, nous y mettrons fin. Je donnerai la priorité aux bus, qui doivent redevenir le mode de déplacement universel des Parisiens. Rue de Rivoli, je recréerai par exemple un deuxième couloir de bus. Aux principaux carrefours de la ville, je mettrai en place des feux intelligents pour donner la priorité aux bus qui seront ainsi plus réguliers et plus fiables.
Parce que Paris est devenue une ville en chantier permanent avec trop de chantiers et surtout mal coordonnés et mal contrôlée, je créerai une cellule centrale de coordination des travaux. Elle sera pilotée par un adjoint unique à mes côtés, chargé de planifier, regrouper et zoner les interventions. Son rôle sera également de faire travailler ensemble les opérateurs (eau, énergie, télécoms, voirie), la Ville, la Métropole du Grand Paris, la Région et les communes limitrophes, pour que lorsqu’une rue est ouverte, tout soit fait en une seule fois.
Chaque chantier sera soumis à un délai maximal, avec des pénalités financières automatiques en cas de retard des prestataires. Les impacts sur la circulation, les riverains et les commerces seront anticipés et les chevauchements de chantiers seront interdits. J’ai rencontré des commerçants dans le 12e arrondissement qui m’ont dit avoir perdu 20 % de chiffre d’affaires en un an, simplement parce que la circulation était entravée par des travaux sans fin. C’est injuste et c’est contre-productif pour Paris, où les commerces ferment déjà les uns après les autres.
Enfin, la sécurité et l’esthétique des chantiers seront intégrées aux cahiers des charges. Le barriérage devra respecter des règles précises et dignes de l’espace public parisien.
Une ville ne peut être dynamique sans être accessible. Mon objectif est clair : qu’aucun client ne renonce à franchir votre porte faute de pouvoir s’y rendre simplement.
Pour cela, je développerai le transport fluvial. Chaque jour, des milliers de camions traversent Paris pour approvisionner commerces, chantiers et services urbains.
Or, la Seine et les canaux parisiens offrent un potentiel logistique exceptionnel. Le transport fluvial consomme 5 fois moins de carburant et émet 2,5 fois moins de CO2 que la route. Aujourd’hui, trois quarts des marchandises fluviales concernent uniquement les matériaux de construction.
Je développerai donc une logistique décarbonée et silencieuse, en lien avec HAROPA-Port de Paris, Voies Navigables de France et les collectivités d’Île-de-France.
Je lancerai un réseau de mini-ports fluviaux en nous appuyant sur les ports existants et sur de nouvelles plateformes logistiques de proximité. Nous pourrons ainsi moderniser les ports fluviaux existants et les ouvrir à la logistique urbaine douce : le Port de Javel et le Port de Grenelle dans le 15ᵉ ou le Port de Bercy dans le 12ᵉ.
Nous créerons aussi un réseau de mini-ports urbains pour décharger les flux routiers dans les arrondissements peu équipés et sur des portions de berges actuellement inactives dans le 13ᵉ, le 19ᵉ et le 20ᵉ.
Aujourd’hui, entreprendre à Paris signifie trop souvent se perdre dans un labyrinthe de démarches, d’interlocuteurs et de procédures. Ce temps perdu est une énergie que vous ne consacrez ni à vos clients, ni à votre développement.
Je veux en finir avec ce maquis administratif.
Je créerai dans chaque arrondissement un Business Center : un lieu unique où chaque entrepreneur pourra être conseillé, orienté et accompagné à chaque étape de son projet. Statut juridique, fiscalité, financements, aides, activités réglementées, recrutement, accès à la commande publique : vous y trouverez des réponses rapides, concrètes et opérationnelles.
Aux côtés de la Chambre de commerce, des professions du droit et du chiffre, ces centres réuniront toutes ces expertises nécessaires pour sécuriser vos démarches et accélérer vos projets.
Derrière chaque rue commerçante dynamique, il y a une organisation, une animation et une vision. Rien de tout cela ne doit être laissé au hasard.
Ces dernières années, trop de commerçants et d’habitants ont exprimé le même sentiment : celui d’un manque de coordination pour faire vivre leurs quartiers, notamment lors des temps forts qui rythment la vie locale comme les fêtes de fin d’année.
C’est pourquoi je nommerai dans chaque arrondissement un directeur de la stratégie commerciale aux côtés du Maire d’arrondissement. Véritable interlocuteur de terrain, il aura pour unique mission d’accompagner les associations de commerçants, de coordonner les initiatives locales et de renforcer durablement l’attractivité de chaque quartier.
Chaque année, une stratégie d’animation commerciale sera définie avec les élus et les acteurs économiques afin de soutenir les temps forts, valoriser l’identité propre de chaque arrondissement et encourager toutes les initiatives qui font vivre nos quartiers.
Face à la spéculation immobilière et à la vacance commerciale, les commerçants ne doivent plus rester seuls. Lorsque le prix des murs décide du visage de nos rues, c’est toute la vie de quartier qui vacille.
Il nous faut donner aux acteurs locaux les moyens d’agir.
C’est pourquoi je soutiendrai activement le développement de Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif, un modèle éprouvé qui permet de rassembler commerçants, habitants, investisseurs et collectivités autour d’un même objectif : préserver la diversité commerciale et redonner de l’élan à nos quartiers.
Ces structures peuvent acquérir ou louer des locaux, lutter contre la vacance, soutenir les commerces indépendants et empêcher l’uniformisation progressive de nos rues.
C’est une réponse concrète à la financiarisation du commerce de proximité.
La Ville accompagnera celles et ceux qui souhaitent s’engager dans cette démarche, en facilitant leur création, en apportant de l’ingénierie et en encourageant toutes les initiatives collectives capables de protéger durablement notre tissu commercial.
Car l’avenir du commerce parisien passera aussi par notre capacité à unir nos forces.
Je veux engager un véritable changement de méthode. Trop souvent, des décisions d’aménagement ou de circulation ont été prises sans mesurer pleinement leurs conséquences sur la vie commerciale de nos quartiers. Cette approche doit évoluer.
Avant toute mesure susceptible de modifier durablement l’équilibre d’une rue, d’un quartier ou d’un pôle commerçant, un « test commerce » sera systématiquement conduit afin d’en évaluer l’impact sur l’activité, la fréquentation et l’accessibilité. Avec ce test, jamais je n’aurais aménagé la rue de Rivoli comme elle est aujourd’hui aménagée et jamais je n’aurais lancé Paris dans une telle course aux travaux effrénés, sans coordination, sans concertation et sans évaluation.
Mon objectif n’est pas d’empêcher la transformation de Paris, mais de la préparer avec méthode et sérieux, pour qu’elle ne se fasse jamais au détriment de celles et ceux qui font vivre nos rues.
Gouverner, c’est prévoir. Demain, à Paris, ce sera aussi anticiper pour protéger notre dynamisme commercial.
Parmi les instruments publics que je mobiliserai figure également la commande publique pour soutenir les entreprises parisiennes. J’ai annoncé la privatisation complète de la collecte des déchets et du nettoiement des rues, ainsi que de nouvelles opportunités par le déploiement de l’intelligence artificielle dans les services publics parisiens. Je développerai également les marchés innovants avant commercialisation. Cela permettra d’encourager les PME innovantes pour tous les produits et services innovants qui répondent à des objectifs publics régionaux, tels que la transition écologique et numérique.
J’assurerai le respect des délais de paiement pour faire de la Mairie de Paris un client exemplaire. La ponctualité des paiements lors des transactions commerciales me paraît être un élément vital d’un environnement juridique et commercial qui favorise les PME. Je demanderai aux entreprises publiques locales, et notamment aux sociétés d’économie mixtes qui dépendent de la Mairie de Paris, de respecter le délai qui s’applique aux pouvoirs adjudicateurs. Je n’hésiterai pas à remercier les directrices et directeurs qui ne seront pas en capacité de respecter ce devoir élémentaire. Je souhaite également que certains marchés publics prévoient des mécanismes d’avance de trésorerie de sorte que travailler avec la Ville soit facilité.
Je libérerai l’esprit d’entreprendre partout à Paris. Je ne veux pas que la création d’entreprise soit réservée à une élite mais qu’elle constitue aussi une perspective pour des populations plus éloignées de l’emploi. Je développerai l’entreprenariat pour les personnes en insertion et les habitants des quartiers la politique de la ville. En m’appuyant sur l’expérience de la Banque mondiale, j’expérimenterai un programme de formation innovant fondé sur l’initiative personnelle, avec une approche de psychologie entrepreneuriale. Paris peut devenir leader dans ce domaine !
Je fusionnerai les Offices du Tourisme de Paris, de la Région et des villes de la petite couronne en un organisme unique d’attractivité et de tourisme à l’échelle du Grand Paris. Aujourd’hui les investisseurs comme les consommateurs étrangers ne se retrouvent pas dans ce millefeuille administratif.
Je mettrai fin à ce maquis.
Paris n’est plus magique.
Pour les entrepreneurs, les créateurs, les salariés, il y a longtemps que Paris n’est plus un paradis. Pire, elle est devenue un enfer pour beaucoup de Parisiens. C’est une ville sale, chère et bruyante. Une ville où se loger ou circuler relève du parcours du combattant. Une ville où les familles doivent se battre pour une place en crèche ou pour les activités périscolaires. Une ville où pèse désormais la crainte des agressions sexuelles sur les enfants.
Les Parisiens le savent. Vous le vivez chaque jour.
Paris, c’est aussi une capitale qui a cessé de rayonner. Les commerces ferment les uns après les autres, les entreprises renoncent à embaucher faute de candidats ou renoncent à investir faute de stabilité fiscale et réglementaire. Une ville dans laquelle ouvrir un commerce, recruter, livrer ou simplement accueillir ses clients demande une énergie disproportionnée. Une ville mal gérée, hyper-réglementée et surendettée avec trois fois plus de dette par habitant qu’à Lyon ou Marseille.
Le résultat est clair : sur 20 ans, la dynamique de créations d’emplois à Paris est la plus faible de tous les départements d’Ile-de-France. Trois fois plus faible qu’en Seine-Saint-Denis ou dans les Hauts-de-Seine. Deux fois plus faible que dans le Val-de-Marne ou la Seine-et-Marne.
Paris peut faire mieux. Paris doit faire mieux. Paris doit redevenir une promesse de liberté : liberté d’entreprendre, de créer, de se déplacer.
Pour cela, je serai un Maire pro-business. Pas un Maire omnipotent, qui réglemente, taxe, interdit et finit par empêcher celles et ceux qui prennent leur risque, d’entreprendre. Ma conviction, c’est que la mairie de Paris ne peut pas et ne doit pas piloter l’économie : elle doit en revanche tout faire pour créer les conditions de la réussite de ceux qui feront réussir Paris, ses talents, ses PME, ses artisans, ses startups, ses salariés, ses chercheurs.
Les défis sont connus : logements pour les salariés, locaux commerciaux, stationnement, fiscalité, recrutement, logistique... Alors ma ligne sera simple : simplifier, libérer, accompagner.
Au fond, si je suis candidat à la mairie de Paris, c’est parce que, comme vous, je ne veux pas d’un Paris ville-musée.
Aux siècles derniers, Paris a été à l’avant-garde des révolutions industrielles et économiques. Elle jouit d’avantages comparatifs incomparables, si seulement nous savons la rendre de nouveau attractive.

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