Engagement 11

Un Paris Ville Lumière

La culture, le patrimoine ou le sport ne sont pas des secteurs parmi d’autres. Ils structurent l’espace urbain, font rayonner notre capitale, créent de l’emploi, attirent des talents, fabriquent du lien social dans tous les quartiers.

Toutes les grandes métropoles l’ont compris. Londres a structuré ses Creative Enterprise Zones pour consolider un secteur qui représente un emploi sur six. Berlin a protégé ses espaces créatifs pour reconstruire son économie après la désindustrialisation. New York investit dans la création locale parce qu’elle sait que l’économie créative est un multiplicateur de valeur. Dans ces villes, la culture est une politique urbaine.

À Paris, la mandature Delanoë a été celle de l’élan. Nuit Blanche, Paris Plages, rénovation du Palais de Tokyo, lancement du 104 : une énergie réelle, portée par un Maire qui incarnait personnellement la vitalité culturelle de la ville.

1
Je créerai des Zones d’Entreprise Créative (ZEC).

Les industries créatives représentent un moteur économique majeur en ce qu’elles génèrent de l’emploi local non délocalisable, favorisent l’innovation et participent directement à l’attractivité internationale de la capitale. Malheureusement à Paris, les hausses de loyers et la transformation rapide des quartiers fragilisent les ateliers, studios et petites structures culturelles.

C’est pourquoi je lancerai des Zones d’Entreprise Créative afin de faire de Paris et de sa métropole un territoire d’excellence pour les industries culturelles et créatives. Inspirées des Creative Enterprise Zones mises en place à Londres, ces ZEC auront pour objectif de protéger, structurer et développer l’économie créative dans des secteurs soumis à une forte pression immobilière.

Concrètement, chaque ZEC sera un périmètre identifié au sein du PLU et des projets d’aménagement. Les entreprises créatives de moins de dix salariés bénéficieront d’une exonération temporaire de cotisation foncière des entreprises, conditionnée à leur implantation effective et à leur activité de production. Les locaux vacants appartenant à la Ville ou à ses partenaires feront l’objet de conventions d’occupation temporaire à loyers maîtrisés. Les appels à projets urbains intégreront des clauses culturelles garantissant la présence d’ateliers, de studios ou d’espaces partagés dans les programmes immobiliers neufs.

À l’image de Londres, ces zones ne seront pas seulement « fiscales ». Chaque ZEC associera écoles d’art, centres de formation, incubateurs, fablabs, artisans d’art et structures de diffusion. Des dispositifs d’accompagnement entrepreneurial, de mentorat et d’accès au financement seront proposés aux jeunes créateurs. L’objectif n’est pas de subventionner durablement, mais d’aider à franchir le cap critique des premières années d’activité.

Les premières implantations concerneront le secteur du canal de l’Ourcq (19e / Pantin), le territoire Seine-Amont (13e / Ivry) et l’arc Clignancourt-Montmartre (18e / Saint-Ouen), où se concentrent déjà des dynamiques créatives fortes mais fragiles. Ces territoires deviendront de véritables pôles de production culturelle métropolitaine, en lien avec les infrastructures du Grand Paris Express et les projets urbains en cours.

Le coût des Zones d’Entreprise Créative à Paris tient principalement dans l’effort d’exonération de la Cotisation foncière des entreprises pour les jeunes structures créatives. Avec un taux de CFE à Paris de 16,52 %, une exonération ciblée pour 150 entreprises dans les trois zones identifiées représenterait environ 1,5 millions par an, un montant très inférieur comparé aux retombées économiques potentielles. L’impact économique et culturel sera en effet structurant avec un maintien de l’emploi créatif, l’attractivité internationale et la revitalisation des quartiers.

2
Je mettrai en place un « 1 % culturel métropolitain ».

Je créerai un 1 % Culturel Métropolitain afin que chaque grande transformation urbaine devienne aussi une transformation culturelle.

Depuis 1951, la France applique le principe du 1 % artistique dans les constructions publiques. Je propose d’en élargir l’ambition à l’échelle métropolitaine : toute opération d’aménagement de plus de 10 millions d’euros engagée dans le périmètre du Grand Paris consacrera 1 % de son budget à un programme culturel territorial structurant.

Concrètement, pour toute opération dépassant 10 millions d’euros (ZAC, renouvellement urbain, opérations liées au Grand Paris Express, aux grandes opérations portées par les sociétés d’aménagement ou reconversions post-olympiques) une enveloppe dédiée financera des résidences d’artistes, des commandes publiques, des équipements culturels de proximité et des actions d’éducation artistique. L’enveloppe dédiée ne financera pas une simple œuvre décorative dans un hall d’immeuble, mais un véritable programme culturel intégré au projet urbain.

L’effet de levier est considérable. Les opérations d’aménagement métropolitaines représentent plusieurs milliards d’euros d’investissement chaque année. En y consacrant 1 %, nous générons mécaniquement plusieurs dizaines de millions d’euros fléchés vers la création et la cohésion culturelle des territoires en transformation, sans dépense publique supplémentaire.

Il ne s’agit pas d’augmenter les impôts ni de créer une ligne budgétaire nouvelle mais de réorienter une fraction minime de l’investissement existant vers un objectif mesurable et structurant.

Le 1 % culturel métropolitain reposera sur un pilotage unique, avec une gouvernance associant la Ville de Paris, la Métropole du Grand Paris et les communes limitrophes qui souhaiteront s’y associer. Y seront associés des aménageurs publics et de personnalités qualifiées du monde culturel et architectural. Les enveloppes seront mutualisées afin d’agréger les montants issus de plusieurs opérations et financer des projets ambitieux et structurants, plutôt que de multiplier des interventions dispersées. La programmation sera pluriannuelle, territorialisée, articulée aux projets urbains et régulièrement évaluée.

Une exigence qualitative élevée sera garantie afin que les budgets consacrés à la culture ne se traduisent ni par une pression sur les honoraires de maîtrise d’œuvre ni par une dégradation architecturale. Le 1 % culturel sera ainsi un outil stratégique au service de la qualité urbaine.

Dès 2026, j’appliquerai ce principe du 1 % culturel à toutes les opérations d’aménagement engagées par la Ville de Paris, en l’intégrant systématiquement dans les concessions et les cahiers des charges des projets dépassant 10 millions d’euros. Je proposerai dans le même temps un pacte culturel métropolitain aux communes volontaires et saisirai le Conseil de la Métropole du Grand Paris afin de faire adopter une délibération cadre inscrivant ce dispositif dans les orientations du SCoT et des conventions d’aménagement.

Je veillerai à ce que chaque grande opération urbaine portée par les aménageurs publics ou les établissements territoriaux intègre cette clause culturelle contractuelle. Par l’exemple, par la coopération et par la contractualisation, je ferai du 1 % culturel un standard métropolitain au service du Grand Paris. Ce sera une mesure locale sans équivalent en France et à l’échelle internationale.

3
Je créerai un centre d’arts LGBTQIA+ à Paris.

À l’image de ce qui existe déjà à Berlin, New York ou Londres, je créerai un centre d’arts LGBTQIA+. Ce lieu reconnaîtra de manière permanente la richesse et l’apport majeur des identités LGBTQIA+ aux expressions artistiques et culturelles.

Il ne s’agira pas d’un musée figé, mais d’un espace vivant : expositions temporaires et collection de référence, résidences d’artistes, performances, conférences-débats, projets pédagogiques, bibliothèque spécialisée en accès public et lieu d’archives. Ce centre sera à la fois un espace de création contemporaine et un lieu de mémoire.

Implanté dans un bâtiment existant réhabilité (3 000 à 5 000 m²), le coût d’aménagement est estimé à 8 millions d’euros (travaux structurels, mise aux normes, aménagement muséographique, équipements techniques). Le budget de fonctionnement annuel se situerait de 4 à 6 millions d’euros, financé par des partenariats culturels, du mécénat privé et des recettes propres (billetterie, événements, librairie).

La Ville mettra à disposition un bâtiment public existant afin d’accueillir le Centre d’art LGBTQIA+. En revanche, le financement de la réhabilitation fera l’objet d’un appel à projet dédié au mécénat, structuré autour d’un cercle de grands mécènes (entreprises et fondations), complété par une campagne internationale de dons et de levée de fonds auprès de fondations culturelles et de grands donateurs engagés.

L’objectif sera de financer intégralement les travaux de rénovation par des fonds privés, dans un cadre transparent et encadré par la Ville. Le choix de l’arrondissement d’implantation fera quant à lui l’objet d’une concertation publique dès mars 2026, afin d’associer les habitants, les acteurs culturels et les associations à la définition du projet.

Je rappelle que j’ai déjà fait adopter à l’unanimité, en mai 2024 au Conseil de Paris, une délibération lançant la création de ce centre. Sa création est donc d’ores et déjà actée. Il ne s’agit plus de débattre de son principe, mais de passer à la phase opérationnelle et de concrétiser ce projet attendu. Paris affirmera ainsi son rôle de capitale culturelle et inclusive, avec un nouveau lieu tourné vers l’avenir.

4
Je créerai une « Villa Niki » dédiée à la création contemporaine.

Dès le printemps 2026, je lancerai un appel à manifestation d’intérêt international pour la création de la « Villa Niki », grande maison parisienne dédiée à la création contemporaine, sur le modèle de la Villa Medici à Rome, structure à l’échelle de Paris qui servira d’écrin à la création, à l’expression et à l’exposition artistique.

La Villa Niki aura vocation à devenir un lieu structurant pour la création à travers la résidence pour jeunes artistes, écrivains et créateurs leur permettant de vivre et travailler à Paris, un espace d’exposition du Fonds d’art contemporain de la Ville, une implantation de la Maison Gérard Philippe accueillant l’AAFA, un centre mutualisé de stockage et de prêt de décors et costumes de théâtre, inspiré du modèle de la Comédie-Française.

Le projet s’appuiera exclusivement sur la réhabilitation d’un patrimoine existant, sans construction neuve. Plutôt que de porter seule un investissement lourd, la Ville structurera un partenariat associant fondations, mécènes, opérateurs culturels, investisseurs à impact et acteurs publics.

L’appel à projet fixera un cahier des charges clair : respect patrimonial du site, modèle économique soutenable, ouverture au public, mixité des usages, part minimale dédiée à la résidence d’artistes à loyers modérés. Les candidats proposeront un montage financier reposant majoritairement sur des financements privés, du mécénat culturel, des fondations, des partenariats internationaux et éventuellement un bail emphytéotique administratif permettant d’amortir l’investissement sur la durée.

Dans ce cadre, l’investissement estimé entre 80 et 120 millions d’euros serait principalement porté par le groupement lauréat. La Ville contribuera par la mise à disposition du site, l’ingénierie publique et une participation encadrée. Le fonctionnement sera assuré par un modèle hybride combinant mécénat, résidences internationales, expositions temporaires, événements culturels et partenariats institutionnels, limitant l’impact sur le budget municipal.

5
Je moderniserai la gestion des musées (Paris Musées) et théâtres municipaux pour réinvestir dans la création, la médiation et l’accès du plus grand nombre à la culture.

Comme l’a dénoncé la Chambre régionale des comptes en 2021, la gestion actuelle de Paris Musées, qui regroupe 14 musées municipaux, est inacceptable.

Le budget est essentiellement piloté par la subvention annuelle de la Ville, 70 à 80 millions d’euros selon les exercices, ce qui limite l’autonomie stratégique et n’incite pas suffisamment au développement de ressources propres. Plus grave encore, les musées ne disposent ni d’une véritable comptabilité analytique ni d’un contrôle de gestion digne de ce nom. Les bilans financiers des expositions sont lacunaires, alors même que certaines scénographies atteignent des coûts considérables. En clair, la Ville engage 70 à 80 millions d’euros par an sans toujours savoir précisément ce que coûte chaque exposition ni ce qu’elle rapporte réellement.

La Chambre régionale des comptes a également révélé de nombreux dysfonctionnements dans la gestion des collections et des réserves, avec des externalisations coûteuses et des retards persistants dans le récolement des œuvres, qui demeurent encore aujourd’hui.

Cette situation appelle une réforme profonde. Je mettrai en place une comptabilité analytique obligatoire par musée et par exposition, afin que chaque projet fasse l’objet d’un bilan financier complet et transparent.

Je créerai une véritable direction du contrôle de gestion mutualisée pour l’ensemble des musées, afin de disposer d’indicateurs fiables et de piloter les coûts avec rigueur. Je renforcerai la mutualisation des fonctions support (finances, ressources humaines, marchés publics, systèmes d’information, mécénat et communication numérique) pour réduire les doublons et dégager des marges budgétaires.

Une réforme rigoureuse de Paris Musées permettra de dégager 3 millions d’euros d’économies structurelles par an, soit 18 millions d’euros sur une mandature. Je développerai aussi de manière progressive et structurée les ressources propres de Paris Musées grâce à une meilleure organisation du mécénat au niveau central, une modernisation des boutiques et du commerce en ligne, ainsi qu’une valorisation plus efficace des droits d’image et des locations d’espaces.  Ce développement permettra de dégager plus de 2 millions d’euros par an, soit 12 millions d’euros sur une mandature.

Au total, près de 30 millions d’euros pourront être dégagés sur six ans. Ces moyens seront en partie réinvestis dans la restauration des œuvres, la modernisation des musées, la numérisation des collections et des programmes renforcés de soutien à la création et à la médiation culturelle. Cette nouvelle gestion ne remettra pas en cause la gratuité des collections permanentes ni l’exigence scientifique, elle permettra au contraire d’augmenter l’offre culturelle.

J’appliquerai également cette méthode aux théâtres municipaux. Sur le modèle du nouveau Paris Musées, je mutualiserai leurs fonctions support (gestion, paie, achats, billetterie numérique, maintenance des bâtiments) tout en garantissant à chaque théâtre son autonomie artistique. Je ne toucherai pas aux directions artistiques, mais je mettrai fin aux dispersions administratives.

Mon objectif est clair : mieux organiser, mieux gérer, dégager des économies réelles et réinvestir dans la création, la médiation et l’accès du plus grand nombre à la culture.

6
Je créerai 500 logements d’artistes à bail limité dans le parc social.

Aujourd’hui, le taux de rotation du parc social parisien reste faible, autour de 5 % par an, soit environ 14 000 logements libérés chaque année, alors même que la demande demeure extrêmement élevée. Pour répondre à cette situation, j’engagerai une réforme structurelle visant à fluidifier les parcours résidentiels tout en préservant la mixité sociale.

Comme indiqué dans mon projet pour le logement, j’instaurerai des baux à durée limitée pour les nouveaux entrants dans le parc social afin d’adapter l’occupation des logements à l’évolution réelle des situations familiales et professionnelles. Les contrôles de ressources seront réalisés annuellement et les surloyers rendus automatiques en cas de dépassement des plafonds, afin de garantir que le logement social bénéficie en priorité à celles et ceux qui en ont réellement besoin. L’objectif n’est pas de remettre en cause la mixité sociale, mais d’éviter les situations de blocage durable et de restaurer une véritable fluidité.

Grâce à ces mesures, je vise un doublement du taux de rotation d’ici 2030, ce qui pourrait permettre jusqu’à 80 000 attributions supplémentaires sur la prochaine mandature et redonner des perspectives concrètes aux demandeurs.

C’est dans ce cadre que je proposerai la création de 500 « logements d’artistes » d’ici 2030, soit une part strictement limitée des réattributions annuelles (1,8 % des flux sur un mandat) afin de préserver l’équilibre général du parc social. Ces logements seront intégrés dans des résidences sociales rénovées et feront l’objet d’un programme de réhabilitation adapté aux besoins de la création : meilleure luminosité, espaces modulables, isolation acoustique lorsque cela est pertinent.

Les artistes bénéficieront d’un bail strictement limité dans le temps, de trois à six ans non renouvelable, garantissant la rotation du logement et excluant toute installation durable privilégiée. L’attribution se fera sur dossier, selon des critères transparents de ressources et de parcours professionnel, par une commission associant bailleurs sociaux et personnalités qualifiées du secteur culturel. Ce dispositif visera prioritairement des artistes émergents ou en phase de développement, pour lesquels l’accès au logement constitue souvent un frein majeur à la poursuite de leur activité.

Ces logements d’artistes ne seront un outil temporaire d’accompagnement, pleinement intégré à la logique sociale du parc. Ils permettront de soutenir la création contemporaine parisienne, de maintenir une diversité de profils dans la capitale et de préserver la vitalité culturelle qui fait son identité, tout en respectant strictement la vocation sociale et l’équilibre du logement social.

Avec un coût total estimé à 18 millions d’euros, dont 15 millions d’euros pour la rénovation des 500 logements et 3 millions d’euros pour la coordination, la gestion et l’accompagnement culturel sur l’ensemble de la mandature, ce projet sera intégralement financé par les économies générées par la fusion et la rationalisation des bailleurs sociaux parisiens, soit 540 millions d’euros sur un mandat. Ces 500 nouveaux logements d’artistes représenteront ainsi moins de 4 % des économies générées par la réforme des bailleurs, sans aucun impact fiscal supplémentaire. Ils s’inscriront pleinement dans une logique de priorité donnée à celles et ceux qui travaillent, produisent et créent à Paris.

7
Je fusionnerai les Offices de Tourisme pour créer une Agence du Tourisme du Grand Paris.

Aujourd’hui, la promotion touristique reste fragmentée entre Paris et les communes limitrophes, alors même que les visiteurs ne perçoivent pas ces frontières administratives. L’expérience touristique dépasse largement le périphérique. Cette organisation éclatée entraîne des doublons, des dépenses dispersées et une visibilité affaiblie.

Je proposerai la fusion des Offices de Tourisme de Paris et des principales villes de la petite couronne afin de créer une Agence du Tourisme du Grand Paris, dotée d’une stratégie unifiée à l’échelle métropolitaine.

La création d’un organisme unique permettra de mutualiser les moyens humains et financiers, de rationaliser les campagnes de promotion internationale, de coordonner les stratégies numériques et de développer une marque « Grand Paris » forte et cohérente. Cela nous permettra de renforcer l’attractivité mondiale de notre capitale et mieux répartir les flux touristiques vers les territoires aujourd’hui moins visités, afin de désengorger le centre de Paris et soutenir l’économie locale des communes limitrophes. La gouvernance sera partagée entre Paris, la Métropole du Grand Paris et les communes partenaires, afin de garantir un pilotage équilibré. La mutualisation des fonctions support et des budgets marketing permettra de dégager des économies d’échelle, tout en augmentant l’impact des campagnes de promotion.

Aujourd’hui, l’Office du tourisme de Paris fonctionne avec un budget global d’environ 6 millions d’euros, dont près de 4,5 millions proviennent de la subvention municipale. Cette réorganisation permettrait de dégager 2 millions d’euros d’économies par an, soit jusqu’à 12 millions d’euros sur une mandature.

8
Je mettrai fin au tirage au sort dans les conservatoires et créerai 3 000 places supplémentaires.

Dès 2026, je mettrai fin au tirage au sort tel qu’il existe aujourd’hui en instaurant des critères transparents et en créant immédiatement des places supplémentaires par l’extension des horaires et la mutualisation d’espaces municipaux.

D’ici 2030, je garantirai un accès pour tous avec l’ouverture de trois nouveaux conservatoires entre 2029 et 2030, portant la capacité d’accueil à un niveau permettant de répondre durablement à la demande.

L’objectif est simple : ouvrir davantage de places pour répondre à la demande croissante et d’élargir l’accès à la pratique musicale, théâtrale et chorégraphique, notamment pour les enfants et adolescents qui n’ont aujourd’hui aucune solution.

Pour cela, je créerai trois nouveaux conservatoires à Paris, implantés dans des arrondissements aujourd’hui sous-dotés, afin d’augmenter significativement la capacité d’accueil. Ainsi, Paris passera de 17 à 20 conservatoires municipaux d’arrondissement. Ces implantations seront prioritairement situées dans des arrondissements aujourd’hui sous-dotés, notamment les 18e, 19e et 20e, en équipements culturels.

La création de trois nouveaux conservatoires municipaux représente un investissement estimé à 45 millions d’euros sur la mandature.

Deux de ces établissements pourront être intégrés aux futurs projets de couverture du périphérique, que je souhaite prolonger de 5 kilomètres supplémentaires d’ici 2035. Ces opérations d’aménagement offriront l’opportunité de créer des équipements publics sur des surfaces aujourd’hui inexploitées, tout en renforçant concrètement le lien urbain entre Paris et les communes limitrophes.

L’intégration des conservatoires dans ces projets permettra de mutualiser une partie des coûts liés au foncier, aux fondations et aux infrastructures techniques, réduisant ainsi l’investissement net pour la Ville et optimisant l’effort budgétaire global.

Mon choix est clair, investir dans l’éducation artistique plutôt que laisser le hasard décider. La culture ne doit pas être une loterie, elle doit être un droit.

9
Je garantirai un « parcours culturel » pour les écoliers parisiens.

Je mettrai en place dans les écoles élémentaires parisiennes, un « parcours culturel » pour chaque élève parisien, afin que l’accès à l’art et à la création ne dépende ni du quartier d’habitation ni du milieu social. Ce dispositif sera contractualisé avec l’Éducation nationale et déployé progressivement, en commençant par le réseau de l’éducation prioritaire parisien. Il s’agit d’une politique d’égalité des chances concrète, inscrite dans le temps long.

Ce parcours reposera sur trois engagements concrets :

  • 2 sorties culturelles par an (musées, théâtres, expositions, patrimoine, spectacles vivants).
  • 20 heures annuelles de pratique artistique périscolaire (musique, arts plastiques, théâtre, danse, écriture).
  • Au moins une rencontre chaque année avec des artistes en résidence ou des professionnels de la culture.
10
J’étendrai les horaires des bibliothèques municipales à 22h (contre 18h/19h aujourd’hui) et généraliserai l’ouverture le dimanche.

À Paris, les 57 bibliothèques de prêt sont ouvertes en moyenne 38h par semaine, contre 78h à Londres, 88h à New-York ou 98h à Copenhague.

Dans une ville où la taille des logements est particulièrement contrainte par le niveau très élevé des loyers, les habitants éprouvent un réel besoin de lieux apaisés de lecture et de travail pour celles et ceux qui n’ont pas le loisir d’en disposer à domicile. Ouvrir les bibliothèques le dimanche et en soirée n’est pas qu’une simple question de confort ou de modernité, c’est aussi un enjeu d’égalité des chances.

À Paris, je porterai l’ouverture des bibliothèques en soirée et le week-end, comme le préconisait le rapport d’Erik Orsenna et de Noël Corbin (« Voyage au pays des bibliothèques », 2018).

Cela reposera d’abord sur le volontariat des agents titulaires. Des primes spécifiques pour horaires étendus et des majorations pour le travail en soirée ou le dimanche seront négociées dans le cadre du dialogue social. Il s’agira d’inciter et de reconnaître l’engagement de celles et ceux qui souhaitent participer à cette évolution du service public. Lorsque le volontariat et la réorganisation interne ne suffiront pas, nous recourrons de manière ciblée à des agents contractuels recrutés spécifiquement pour les créneaux élargis. Cela représentera un coût de 2 millions d’euros.

Les bibliothèques municipales deviendront ainsi de véritables maisons de quartier, ouvertes et pleinement accessibles aux associations, qui pourront y proposer, en journée comme en soirée, des ateliers et des permanences au service de tous. Ateliers d’accompagnement aux démarches administratives, sessions d’inclusion numérique pour lutter contre l’illectronisme, permanences d’entraide contre l’isolement, ateliers de recherche d’emploi et d’initiative économique, soutien à la création d’activité, aide aux devoirs et accompagnement scolaire : ces espaces doivent répondre concrètement aux besoins du quotidien.

À l’image de certaines bibliothèques aux Pays-Bas ou au Danemark, la bibliothèque parisienne de demain ne sera plus seulement un lieu de lecture, mais un lieu de services, de solidarité et de convivialité, au cœur de la vie locale.

11
Je permettrai un accès total et transparent des Parisiens aux infrastructures sportives et culturelles municipales.

J’optimiserai pleinement l’utilisation de nos infrastructures municipales (gymnases, piscines, conservatoires, centres culturels et maisons des associations). Aujourd’hui, nombre de ces équipements ferment trop tôt, restent partiellement sous-utilisés en journée ou ne sont pas accessibles le week-end, alors même que la demande des étudiants, des familles, des associations et des clubs est forte. Avant de construire de nouveaux bâtiments, nous devons mieux faire vivre ceux que nous avons déjà.

Dès 2026, un audit complet sera réalisé arrondissement par arrondissement afin d’identifier les marges d’extension des horaires et les espaces sous-exploités.

Je créerai des créneaux municipaux en accès libre. Un portail numérique unique permettra de réserver facilement les créneaux disponibles dans l’ensemble des équipements municipaux, avec une priorité donnée aux associations locales et aux initiatives citoyennes. Cette transparence améliorera l’accès et maximisera l’occupation des lieux.

Parallèlement, nous mettrons en œuvre un programme de modularité des espaces.

Chaque rénovation ou aménagement intégrera désormais des salles polyvalentes, des cloisons mobiles et du mobilier adaptable. Une même salle pourra ainsi accueillir successivement une activité sportive ou une répétition artistique. Chaque mètre carré sera pleinement utilisé. En une mandature, nous adapterons progressivement une trentaine d’équipements municipaux en y intégrant des cloisons mobiles et du mobilier reconfigurable pour un investissement moyen de 100 000 € par site. Ce programme représente environ 3 millions d’euros sur la mandature, soit moins de 500 000 euros par an.

Le coût de ce plan restera maîtrisé. Il reposera principalement sur l’optimisation de l’existant, le redéploiement des effectifs, la mutualisation des fonctions support et une organisation plus efficace des horaires. Les investissements concerneront essentiellement des aménagements légers et la modernisation numérique.

12
Je créerai 17 nouvelles aires sportives de proximité.

Près de 60 % des habitants pratiquent une activité physique régulière. Pourtant, notre capitale reste l’une des grandes villes françaises les moins bien dotées en équipements sportifs, avec à peine 1,4 équipement pour 1 000 habitants, contre 2,2 à Lyon, 2,7 à Bordeaux ou 3,1 à Marseille. Ce décalage entre la demande et l’offre crée des équipements saturés, des créneaux indisponibles et de véritables zones blanches dans certains quartiers.

Je créerai 17 nouvelles aires sportives en accès libre, une par arrondissement, implantées prioritairement dans les parcs municipaux.

Chaque site comprendra un terrain de basket 3x3, un terrain de football à 5, des agrès de street-workout, des tables de ping-pong, un espace dédié aux yogas en plein air, avec une végétalisation adaptée pour garantir confort et intégration paysagère.

Ces équipements seront pensés pour accueillir tous les publics, des adolescents aux seniors, avec une attention particulière portée à l’accessibilité. Ils seront propres et sécurisés par des patrouilles de la police municipale de proximité.

Une de ces aires sportives sera notamment intégrée dans le cadre de mon projet de nouvelles berges de Seine, au sein du quai Olympique, afin de faire de cet espace un symbole vivant de l’héritage des Jeux. Trois autres seront réalisées dans le cadre de mon projet d’ouverture complète de la Petite Ceinture.  

Cet investissement de 5 millions d’euros sur la mandature sera financé par réallocation de moyens existants dans le cadre de mon plan d’économies de 4,2 milliards d’euros.

13
Je lancerai une Olympiade sportive des arrondissements chaque année.

Je créerai une Olympiade sportive des arrondissements de Paris, organisée chaque année au mois de juin, sur un week-end clairement identifié dans le calendrier municipal.

Chaque arrondissement constituera une délégation composée de clubs sportifs locaux, d’associations et d’habitants volontaires, coordonnée par la mairie d’arrondissement et les services des sports. Les compétitions porteront sur un nombre limité de disciplines accessibles et largement pratiquées (football, basket, natation, athlétisme via un format relais ou encore danse) afin de garantir une organisation réaliste et maîtrisée.

Les épreuves se dérouleront simultanément dans plusieurs équipements municipaux existants (stades, gymnases et piscines répartis sur différents arrondissements), afin d’éviter toute surcharge d’un site unique et de limiter les coûts logistiques. Un système de points simple permettra d’établir un classement général, avec une finale et une cérémonie de clôture le dimanche dans un site central, au cours de laquelle sera remis un trophée annuel à l’arrondissement vainqueur.

L’Olympiade reposera sur les infrastructures déjà disponibles et sur la mobilisation des clubs et fédérations partenaires, avec un encadrement assuré par les éducateurs sportifs municipaux et des arbitres fédéraux. Elle s’inscrira dans la continuité de l’héritage des Jeux en favorisant la pratique amateure, la mixité et la participation intergénérationnelle, sans ambition professionnelle ni coûts disproportionnés.

L’objectif est de créer un rendez-vous sportif identifiable, renforcer la dynamique associative locale et encourager l’activité physique, pour un budget maîtrisé principalement consacré à la coordination, à la sécurité et à la logistique, sans investissement lourd.

14
Je lancerai un Carnaval de Paris annuel.

Je recréerai un véritable Carnaval de Paris, populaire, structuré et annuel, pour renouer avec une tradition historique majeure de la capitale et recréer un grand rendez-vous fédérateur à l’échelle de toute la ville. Ce Carnaval de Paris sera l’héritier d’une histoire qui remonte au Moyen Âge et qui fit de Paris l’un des hauts lieux du carnaval européen jusqu’au début du XXᵉ siècle. Au-delà d’un simple événement festif ponctuel, il sera une politique culturelle et citoyenne construite sur l’année entière.

Le point culminant sera un grand défilé de printemps, organisé sur un parcours sécurisé et préparé en concertation avec la Préfecture de police. Ce défilé réunira une quinzaine à une vingtaine de chars thématiques conçus par des collectifs artistiques, des écoles d’art, des maisons de quartier et des structures culturelles, ainsi que des cortèges associatifs et des cortèges d’écoles, mis à l’honneur chaque année autour d’un thème renouvelé. Fanfares, troupes de danse et groupes représentant la diversité culturelle parisienne viendront rythmer l’ensemble du parcours.

Une place particulière sera accordée aux enfants parisiens. Dès le mois de septembre, un programme de préparation sera engagé dans des écoles élémentaires, avec des ateliers de création de costumes, de masques et de chars, encadrés par des artistes, des scénographes et des associations culturelles partenaires. Ce travail pédagogique permettra de transmettre l’histoire du carnaval parisien tout en valorisant la créativité des jeunes générations.  Ils défileront aux côtés de leurs animateurs, mettant en valeur les créations réalisées tout au long de l’année dans les écoles et centres de loisirs.

En parallèle, un dispositif d’implication des commerçants sera mis en place, avec un concours de vitrines décorées, afin que la fête irrigue réellement les quartiers et soutienne l’activité économique locale.

Chaque arrondissement bénéficiera d’un fonds d’initiative dédié, permettant d’organiser bals populaires, afin que le carnaval ne soit pas centralisé mais profondément ancré dans la vie des quartiers.

Avec un coût estimé à 3,5 millions d’euros par an (coordination générale, direction artistique, production des chars, logistique, dispositifs éducatifs dans les écoles et soutien aux initiatives d’arrondissement et associatives), son financement reposera sur le redéploiement des crédits économisés grâce à la suppression des voitures avec chauffeurs pour les élus et hauts fonctionnaires de la Ville, qui représentent plus de 3 millions d’euros par an.

Ce financement public sera complété par un programme de mécénat, mobilisant des entreprises parisiennes et franciliennes désireuses de soutenir un grand événement populaire, ainsi que par des partenariats avec la Région Île-de-France et le ministère de la Culture au titre de la valorisation patrimoniale et de l’animation culturelle.

Le coût net pour la Ville sera ainsi totalement maîtrisé, pour un événement capable de générer des retombées économiques indirectes significatives en matière de dynamisation commerciale, d’attractivité touristique hors saison et de rayonnement international, tout en renforçant le lien social et l’identité festive de la capitale.

15
Je doterai notre capitale d’un « PLU du Beau Paris ».

L’absence de ligne esthétique cohérente dans beaucoup d’opérations immobilières récentes, notamment aux portes de Paris ou dans certains secteurs du nord et de l’est parisien, a créé des ruptures architecturales fortes. Façades sans caractère, matériaux de mauvaise qualité, volumes déséquilibrés : ces choix ont privé certains quartiers de ce qui fait la singularité parisienne.

Tous les Parisiens ont droit à la même exigence de qualité urbaine, qu’ils habitent dans le centre ou dans les arrondissements limitrophes de la capitale.

C’est pourquoi j’adjoindrai au Plan local d’urbanisme une Orientation d’Aménagement et de Programmation dédiée à la qualité architecturale et paysagère : le « PLU du Beau Paris ».

Ces critères devront être objectifs, mesurables et juridiquement sécurisés afin d’éviter tout contentieux. Concrètement, il s’agira d’encadrer, par des règles morphologiques précises :

  • Les hauteurs et gabarits pour préserver les lignes de ciel parisiennes ;
  • Les alignements, retraits et rythmes de façade ;
  • La proportion des ouvertures et des volumes ;
  • Le traitement des toitures ;
  • L’insertion urbaine et la cohérence des îlots ;
  • L’usage de matériaux durables, pérennes et adaptés à l’environnement urbain de Paris.


Sur les matériaux, il ne s’agira pas d’imposer une palette arbitraire, mais de fixer des exigences objectives : durabilité, qualité constructive, résistance dans le temps, cohérence avec l’environnement urbain existant et performance environnementale. L’objectif est d’éviter les façades fragiles, les revêtements bas de gamme ou les effets de mode qui vieillissent mal.

Il ne s’agira pas d’imposer un pastiche du XIXe siècle mais de promouvoir une architecture contemporaine exigeante, attentive aux proportions, à la qualité des matières employées, à la durabilité et à l’harmonie d’ensemble.

Au-delà de ce « PLU du beau Paris », la qualité architecturale dépend aussi de la qualité des jurys, du niveau d’exigence fixé par la maîtrise d’ouvrage, du budget consacré à l’opération et du temps laissé aux architectes pour concevoir.  Pour garantir cette exigence, je renforcerai la qualité des jurys de concours en associant des architectes reconnus, des urbanistes et des personnalités qualifiées, et j’imposerai des cahiers des charges clairs et ambitieux pour les opérations sur foncier municipal, incluant des exigences précises sur la qualité des matériaux.

Le « PLU du Beau Paris » donnera un cadre lisible aux promoteurs et aux architectes. Il ne sera pas un règlement esthétique arbitraire, mais un outil au service de la qualité urbaine, afin que chaque nouveau projet contribue à la cohérence, à la durabilité et à la fierté parisiennes.

16
Je valoriserai et entretiendrai le petit patrimoine parisien.

Il a été trop longtemps négligé alors qu’il constitue l’âme de nos rues. Les bancs Davioud, les fontaines Wallace, les lampadaires historiques, les grilles, les enseignes anciennes, les façades remarquables, les stations extérieures du métro et l’ensemble du mobilier urbain classique seront recensés, restaurés et protégés dans le cadre d’un programme pluriannuel dédié. Paris ne se résume pas à ses monuments majeurs, sa beauté tient aussi à ces éléments du quotidien qui composent son harmonie.

Je mettrai également en place un dispositif de mécénat populaire inspiré de ce qui existe à Londres : les particuliers, familles ou entreprises pourront contribuer au financement de la restauration d’un banc, d’une fontaine ou d’un élément de mobilier, avec une plaque discrète mentionnant leur participation. Ce mécanisme permettra d’impliquer les Parisiens dans la préservation de leur cadre de vie, sans peser excessivement sur le budget municipal.

Par ailleurs, le mobilier urbain parisien classique redeviendra la référence obligatoire dans tous les nouveaux aménagements publics. Les projets devront respecter une cohérence esthétique conforme à l’identité historique de la capitale.

Les aménagements modernes qui ont rompu cette harmonie et qui se sont révélés inadaptés ou dégradants pour le paysage urbain seront progressivement remplacés dès 2026.

Un dispositif spécifique de préservation des bancs Davioud sera engagé. Il comprendra la restauration des modèles dégradés, le remplacement à l’identique lorsque nécessaire et la réinstallation dans les quartiers qui en ont été privés. Les fontaines, candélabres et mobiliers historiques feront l’objet d’un entretien régulier afin d’éviter les restaurations d’urgence plus coûteuses.

17
Je lancerai un plan décennal de rénovation des églises et des cimetières.

Paris compte plus d’une centaine d’églises. Parmi elles, une grande partie des églises historiques construites avant 1905 relèvent de la compétence de la Ville, ce qui représente un parc à entretenir significatif pour un plan de rénovation.

Je lancerai un plan décennal de rénovation des 96 églises communales parisiennes, doté d’un budget d’environ 200 millions d’euros sur 10 ans mobilisant la Ville, l’État, la Région, les associations cultuelles et le mécénat. Ce plan garantira la préservation de notre patrimoine, la sécurité du public et l’ouverture accrue de ces lieux à la vie culturelle.

La Ville de Paris gère, par ailleurs, 14 cimetières dans Paris et 6 grands cimetières extra-muros, soit un patrimoine funéraire de 20 sites à entretenir et valoriser. Un programme de rénovation de ces cimetières sur dix ans permettra d’engager un audit complet des sites, sécuriser les monuments funéraires fragilisés, restaurer les murs d’enceinte et les portails historiques, rénover les allées dégradées, moderniser les réseaux et l’éclairage et mettre l’ensemble des grands axes en accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Ce programme sera doté de 100 millions d’euros, tous financeurs compris.

Les maisons d’accueil seront rénovées et un système numérique de gestion des concessions sera déployé afin d’améliorer le service aux familles. Mon projet comprend également un ambitieux volet écologique avec la plantation de milliers d’arbres et l’installation de dispositifs de récupération des eaux pluviales.

Ce plan est entièrement finançable par la réaffectation des recettes issues des concessions funéraires, qui représentent environ 10 millions d’euros par an pour la Ville de Paris. En mobilisant ces recettes sur la durée du programme, la Ville pourra couvrir une part substantielle de l’effort annuel nécessaire à la rénovation des cimetières, sans créer de charge fiscale supplémentaire.

Par souci de responsabilité budgétaire et afin d’accélérer certains chantiers prioritaires, nous rechercherons également des financements complémentaires, notamment auprès de l’État pour les monuments protégés, de la Région Île-de-France et via des dispositifs de mécénat patrimonial.

18
Je classerai la Tour Eiffel au titre des monuments historiques.

Alors que Mesdames Hidalgo et Dati ont refusé, pour des raisons politiciennes, d’engager le classement de la Tour Eiffel comme monument historique, je prendrai mes responsabilités.

Je classerai la Tour Eiffel au titre des monuments historiques afin de garantir sa protection définitive et intangible. Symbole universel de Paris et de la France, la Tour Eiffel ne peut être soumise aux aléas des choix politiques ni aux décisions circonstancielles. Elle bénéficiera du niveau de protection le plus élevé du patrimoine, qui permet de bénéficier de subventions de l’Etat et soutiens fiscaux pour la conservation et la restauration du monument.

Ce classement renforcera l’image de la Tour Eiffel à l’international sans aucun effet négatif sur les activités commerciales car le classement n’emporte aucune interdiction d’activité.

Ce classement s’accompagnera d’un plan pluriannuel d’entretien et de valorisation, garantissant sa pérennité technique, l’excellence de son accueil et la mise en valeur de son environnement immédiat. Protéger la Tour Eiffel, c’est protéger l’âme de Paris et affirmer une vision exigeante de notre patrimoine.

19
Je valoriserai par la lumière le patrimoine le long de la Seine.

En collaboration avec des artistes, je valoriserai le patrimoine exceptionnel qui borde la Seine en développant des expositions lumineuses et des mises en scène nocturnes inspirées du succès de l’éclairage de la Conciergerie durant les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

Ces scénographies lumineuses, conçues dans le respect du patrimoine et avec des technologies sobres en énergie, offriront aux Parisiennes et aux Parisiens comme aux visiteurs une expérience esthétique accessible et populaire.

Paris est la Ville Lumière. Ces installations artistiques permettront de redécouvrir la beauté architecturale de nos monuments, de magnifier les ponts et les façades historiques et de redonner à la Seine toute sa dimension de vitrine culturelle.

Malheureusement, depuis 12 ans, et malgré l’élan des Jeux de 2024, la culture, le sport ou notre patrimoine sont administrés comme des acquis. Réduits à des lignes budgétaires sans ambition, sans cap ni stratégie, sans évaluation sérieuse de leur impact. Ils deviennent même parfois des variables d’ajustement budgétaire, comme en témoigne la diminution de 13 millions d’euros du budget d’investissement consacré à la culture en 2024.

Jamais Paris n’a semblé aussi hésitante sur la manière de transformer son capital culturel, sportif et patrimoniale en levier d’avenir.

Paris doit pourtant rester cette lumière qui éclaire le monde et la vie quotidienne de celles et ceux qui y vivent. C’est précisément l’objectif de mon projet.

Être une Ville Lumière, c’est d’abord être une capitale attractive pour les artistes, les créateurs, les entrepreneurs culturels du monde entier, en leur offrant un cadre propice à l’innovation, à la création et à la liberté.

Être une Ville Lumière, c’est aussi rendre la pratique artistique et sportive accessible à tous, sans distinction de quartier ou de condition sociale. C’est organiser des événements culturels et populaires qui rassemblent dans chaque arrondissement.

C’est ouvrir davantage nos équipements municipaux, les rendre plus accessibles, donner aux Parisiennes et aux Parisiens l’envie et les moyens de pratiquer, de créer, d’apprendre et de se rencontrer. C’est faire de l’art, de la musique, du théâtre et du sport de puissants leviers d’égalité des chances, afin que chaque enfant, chaque famille, chaque habitant puisse accéder à ces horizons qui élèvent et émancipent.

Être une Ville Lumière, c’est aussi préserver la beauté de Paris, en protégeant son patrimoine dans toute sa diversité, de l’architecture haussmannienne au mobilier urbain classique, et en le transmettant aux générations futures.

Être une Ville Lumière, enfin, c’est porter une stratégie, une vision et oser se réinventer pour demeurer cette capitale qui inspire, qui rayonne et que le monde entier admire.